Histoire

Dimanche 18 juin 2006

La médecine moderne, telle que nous la connaissons et pratiquons, est née en Grèce antique. Au VIème siècle avant J.C., les philosophes naturalistes ont été les premiers à « laïciser » la médecine, en la séparant de tout pouvoir divin. Parmi ces pionniers, nous pouvons notamment citer :

-         Pythagore qui définit 4 éléments constitutifs de notre corps – l’air, l’eau, le feu et la terre,

-         Alcméon qui est le premier à faire des dissections sur l’animal et découvre les nerfs optiques.

 

Ce n’est qu’un siècle plus tard qu’Hippocrate établit un protocole d’examen du patient. Aujourd’hui, tous les médecins prêtent serment sur le texte d’un homme qui pensait que l’homme était un ensemble de différentes énergies et éléments :

-         quatre éléments fondamentaux (le feu, l'eau, la terre et l'air),

-         quatre caractères (le chaud, le froid, le sec et l'humide),

-         quatre humeurs (le sang, la lymphe ou phlegme, la bile jaune et la bile noire).

 

Il faut attendre le IIIème siècle avant J .C. pour que des anatomistes d’Alexandrie pratiquent la dissection chez l’homme. Seront ainsi étudiés : le système nerveux, le système vasculaire et le cerveau. Empreinte de mysticisme et de mythologie, la pensée grecque reste néanmoins peut ouverte à ces nouvelles découvertes, qui bouscule encore trop violemment la culture grecque. Avec l’essor de l’Empire Romain, cette médecine « s’exporte » et se généralise. La gynécologie et l’obstétrique se développent. On voit ainsi apparaître les premiers actes d’avortement.

 

C’est lors du premier siècle de noter ère que Celse écrit le premier ouvrage complet sur la médecine. Il y distingue trois types de soins :

-         la thérapie par différents régimes alimentaires,

-         la thérapie médicamenteuse,

-         l’intervention chirurgicale.

 

Les premiers hôpitaux apparaissent en Syrie, au IVème siècle. Ouvert grâce à la charité chrétienne, on y soigne surtout la lèpre et accueille les nouveaux-nés. Le monde arabe voit fleurir les premières écoles de médecin, réputés pour être les meilleurs au monde.

Par sebasan
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Mercredi 21 juin 2006

Le Moyen-Age puis la Renaissance voient la médecine se développer par des connaissances accrues sur l’anatomie du corps humain. Néanmoins, l’explication de son fonctionnement reste sous le contrôle de l’Eglise. Toute pensée déviante est bannie. Ainsi, Michel Servet ayant expliqué que le sang veineux est d’abord épuré par les poumons avant de revenir au cœur, sera brûlé avec tous les écrits qu’il aura rédigés.

 

La chirurgie est considérée comme un travail manuel, dénigrée par les médecins qui parlent le latin. Ces derniers se regroupent en Collège et tentent progressivement de s’affranchir de l’Eglise. Les maladies mentales sont étudiées comme toutes autres maladies. Les villes s’organisent pour mettre en place la balnéothérapie.

 

Le XVIIème siècle est un tournant dans l’histoire de la médecine. C’est le siècle de la raison. Les croyances sont bafouées pour ne laisser place qu’à l’observation, l’analyse et la réflexion. Le corps humain n’est plus considéré que comme une machine dont on tente d’en comprendre le mécanisme. Chaque organe est vu comme une pièce du moteur.

 

Ceci n’empêche pas pour autant la persistance d’une vision métaphysique par certains courants de la médecine. Au XVIIIème siècle, le courant animiste affirme qu’en plus des échanges physico-chimiques, un « élan vital » donne vie à toute la mécanique.

 

En plus d’une meilleure connaissance du corps humain, les conditions de vie s’améliorent surtout grâce à une meilleure hygiène de vie et  à une meilleure alimentation. La médecine classique, telle que nous la connaissons actuellement, triomphe dans le domaine chirurgical et dans le traitement de symptômes. Restreinte par une vision mécaniste du corps, elle pêche dans la considération des troubles psychosomatiques, chroniques et dans le traitement des maladies mentales.

 

Par ailleurs, loin de dénigrer le succès de la pharmacopée actuelle, il est indéniable que nous sommes encore tous dépendant des effets secondaires de certains traitements lourds. Il n’est pas rare de voir certaines ordonnances de 5-6 médicaments : 1 ou 2 étant nécessaire au soin de la maladie, les autres étant là pour traiter les effets secondaires.

 

La médecine occidentale est d’abord et avant tout une médecine « d’urgence », de traitement du symptôme. Seule la vaccination relève de la vision préventive de la médecine moderne. Elle doit donc être complétée par d'autres types de médecine.

Par sebasan
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Dimanche 14 janvier 2007

Dans les premiers temps de la médecine chinoise, les praticiens étaient des chamans ou guérisseurs respectés pour leur pouvoir de communiquer avec le monde des esprits.

Selon la légende, les premières connaissances médicales de la Chine remontent à plus de cinq mille ans avec l'un des grands sages chinois, Shen Nung, qui enseigna l'agriculture aux Chinois. Faisant partie de cet enseignement, il goûta toutes les variétés de plantes pour connaître leur effet curatif. Au cours de ces activités, on suppose que Shen Nung s'empoisonnait 70 fois par jour, mais qu'il en trouvait aussitôt l'antidote.


À cette époque, les maladies étaient considérées comme une entité à part qui s'attachait au corps. Sous la dynastie Chang, on retrouve différentes appellations d'affections communes, comme celles des yeux que l'on croyait être la conséquence d'une offense aux esprits des ancêtres.Le guérisseur spirituel, appelé wou en chinois, donnait des "soins" à un patient en implorant le "départ" des esprits des ancêtres ou les puissances surnaturelles similaires. Comme dans toute civilisation primitive, si la santé des malades s'améliorait, le guérisseur était acclamé plus pour son pouvoir de communiquer avec les esprits que pour sa compétence médicale particulière.

En ce temps-là, le diagnostic et le traitement suivaient des principes définis. Dans son ouvrage, Annales historiques, Ssu-Ma Ch'ien de la dynastie de Han, rapporte que les praticiens des Royaumes combattants énonçaient de nombreuses formes de diagnostic qu'ils divisaient en quatre catégories:

- l'observation du mal et la palpation du patient,

- l'auscultation du patient (la toux et la qualité de la voix),

- la relation des effets du mal par le patient,

- l'examen du pouls.

Cela formait les principes de base du diagnostic médical chinois et l'est encore aujourd'hui. Le traitement se faisait selon des méthodes plus rigides encore. À côté du traitement par les plantes, l'acupuncture était couramment employée, ainsi que le massage, les compresses de moxa (contre l'irritation) et de nombreuses techniques parachirurgicales.

 


La longue période des expériences médicales qui précède la dynastie de Han a fourni une large assise sur laquelle les auteurs hanniques (de la période des Han) ont pu éditer des ouvrages plus généralisés. Un des plus anciens et plus significatifs textes de médecine est le Huang-ti Nai Ching ou la Médecine générale de l'empereur Jaune, plus simplement appelé Nei Ching. Composé sous forme d'un dialogue entre l'Empereur Jaune (Huang-Ti), souverain légendaire de Chine, et un fonctionnaire spécialiste de la médecine, le Nei Ching fut d'une grande renommée. Les parties du Nei-Ching ont pu s'inspirer de formulations taoïstes sur les principes féminins (yin) et masculin (yang) et les cinq éléments (le métal, le bois, l'eau, le feu, la terre) qui ont tous une origine très ancienne dans la pensée chinoise. Le symbolisme des cinq éléments appliqué à la médecine cherche à expliquer le fonctionnement et l'interaction du corps avec les phénomènes naturels.

 

Un autre ouvrage médical des premiers jours d'égale importance fut rédigé sous les Han de l'Est (25-200 ap. J.C.) par le praticien Chang Chi, qui est l'Hippocrate chinois. Cet ouvrage général, composé de seize volumes, fut scindé en deux : le premier des dix volumes Shang-Han Lun ou Traité sur les maladies induites par le froid; le second de six volumes, Chin-Kuei Yü-Han Yao Lüeh ou Précis du cabinet d'or.

 

Par sebasan
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Mardi 23 janvier 2007

La pratique médicale pré-hannique était avant tout pragmatique et expérimentale. Sous la dynastie de Han, on a ordonné et répertorié toutes les connaissances grâce à une classification théorique plus claire. Et dans la période suivante jusqu'à la fin de la dynastie de T'ang (618-907), la médecine chinoise a développé la pratique et la clinique en même temps que les commentaires, interprétations et clarifications théoriques augmentaient.


Durant cette longue période, en particulier sous les Tang, la médecine chinoise a subi l'influence de l'extérieur à cause des échanges commerciaux et culturels plus importants grâce à la route de la soie avec les villes du Moyen-Orient aussi éloignées qu'Antioche, et indirectement même plus loin jusqu'à Byzance ou Rome. Et par la route méridionale de la soie au pied des monts Karakoroum, c'est le monde indien qui a transmis ses sciences bouddhiques et médicales. Ainsi, le diagnsotic, la pathologie et la thérapeutique ont toutes subi une métamorphose au cours de cette période. Au début de la période post-hannique, vers les années 280, le personnage le plus représentatif est Wang Shu-Ho. Originellement médecin du palais avec le rang de "chef de personnel", Wang Shu-Ho eut une contribution double. Il fit une classification du Shang-han-Lun de Chang-Chi qui fut ainsi transmise à la postérité et, surtout, il rédigea le Nei-Ching, ou le Classique du pouls. Puisant dans le Neï-Ching, cet ouvrage est devenu le recueil fondamental de la médecine chinoise jusqu'à nos jours. Y sont répertoriées les 24 (plus tard, 28) pulsations identifiables dont la qualité et la signification sont décrites de façon pittoresque, ainsi la pulsation "fuyante", "flottante" et "nerveuse".

 


En 1026, une statue en bronze situant tous les points de l'acupuncture fut dévoilée, ce qui mit fin, du moins officiellement aux diverses controverses sur les positions exactes des piqûres. En 1064, un autre ouvrage normalisa les ordonnances et fut distribué à travers tout l'empire en vue de réduire la confusion qui régnait quant à la composition d'un même remède. Ce point était devenu si grave que même les praticiens s'embrouillaient dans le choix des plantes à inclure dans un remède. En 1040, la cour créa une "pharmacie" sous sa tutelle pour la délivrance de remèdes les plus courants. Ils étaient vendus au public sous formes de pastilles, de poudre ou d'onguent. La pharmacie se divisa en sept branches en 1102.

 L'acupuncture était le parent pauvre de la pratique médicale, car elle traumatisait assez facilement le patient qui recevait des milliers d'aiguilles au cours de séances de soins. Les médecins sous les Yuan approfondirent l'acupuncture élaborée sous la dynastie de Song. Ils ont même composé des vers pour une meilleure mémorisation des points les plus communément utilisés. Grâce à cette mnémotechnie, les combinaisons pour un traitement particulier devenaient plus faciles et faisaient éviter aux médecins des erreurs de thérapeutique.


Ce fut une grande école de praticiens qui se développa sous la dynastie Yuan et mérite d'être mentionnée. Quatre "grands maîtres" des dynasties Kin et Yuan, Liu Wen-Shu, Li kao, Tchang Tsong-Tcheng et Tchou Tchen-Heng, ont chacun grandement contribué à la sémiologie. Ils ont aussi beaucoup ajouté aux connaissances médicales puisque chacun s'est fait l'avocat d'une théorie et d'une thérapeutique différente les unes des autres.

Malgré cette divergence, tous se sont fondés quand même sur la théorie généralement acceptée avec une certaine efficacité clinique. Ainsi, Li Kao trouvait que la santé (dans le sens moderne du terme) dépendait d'un fonctionnement sain du système digestif et qu'une maladie provenait d'une faiblesse de ce système et de fonctions assimilatives associées. Tchang Tsong-Tcheng, en revanche, arguait que les influences du milieu ambiant (pris dans son sens moderne) étaient les principales causes de la maladie. Chacune de ces quatre écoles a traité ses patients selon ces principes et a prouvé son efficacité dans le traitement de nombreuses maladies. Par la suite, les médecins ont pratiqué selon une de ces quatre lignes et, dans maints cas, la compétition a stimulé à la fois la théorie et la pratique.

 

Ce sont les Jésuites qui, les premiers, ont ramené et compilé des écrits sur l'Acupuncture lorsque, à la fin du XVIIème siècle, Louis XIV les envoya à Pékin ; ceux-ci en rapportèrent des documents sur la civilisation et sur la médecine. C'est ainsi qu'en 1671 un ouvrage sur ce sujet put être publié par le révérend père Harvieu. Au début du XIXème siècle, en France, de grands noms de la médecine s'y intéressèrent et la pratiquèrent : Laennec, Bretonneau, Trousseau, Berlioz. Puis Dabry de Thiersant (1842-1898) auteur de "la Médecine chez les Chinois. " Mais c'est sous l'impulsion de Georges Soulié de Morant (1878-1955), consul de France à Pékin** pendant plus de 12 ans, que l'acupuncture - moxibustion prit un essor considérable en France et en Europe à partir des années 1920.

Par sebasan
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