Lundi 29 mai 2006
1
29
/05
/Mai
/2006
23:28
Nous pouvons aujourd’hui accéder à une infinité de thérapies différentes. La médecine classique propose autant de spécialités que d’organes, de sens et de troubles psychiques. Les médecines alternatives se multiplient et offrent autant de thérapies que d’individus : développement personnel, acupuncture, massage ayurvédique, magnétisme, rêves éveillés, etc. Chacune de ces voies avec plus ou moins de sérieux et de succès, promettent de garder ou retrouver la santé.
Mais c’est quoi, la santé ?
En allant sur le site du ministère de la Santé, vous ne trouverez aucune définition de la santé. Pourtant, on vous promet que vous l’aurez. Mais quoi ?
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.
(Préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats. 1946; (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100) et entré en vigueur le 7 avril 1948).
Si nous prenons cette définition au sens strict, qui peut se dire « Je suis en parfaite santé » ? Presque personne. Nous sommes donc tous malades. Heureux de l’apprendre …
Regardons alors du côté de la médecine orientale. Plus subjective que la médecine occidentale classique, sa philosophie est de concevoir la santé comme un équilibre d’énergies : Yin et Yang pour la médecine chinoise et l’acupuncture, équilibre de 3 énergies somatiques (la bile, le mucus et le vent) pour la médecine tibétaine. Ces concepts peuvent paraître étranges pour les non-initiés, car éloignés de nos concepts cartésiens occidentaux. Ils sont par ailleurs soumis à controverse de la part de la science classique qui ne dispose pas des outils pour « capter » ces énergies, en comprendre l’essence et le mode de fonctionnement.
De plus, dépendant de la sensibilité du thérapeute et de la relation thérapeute/patient, le succès de ces techniques de thérapie orientales est plus aléatoire que la médecine occidentale. Néanmoins, l’ancienneté de ces méthodes de soin et le succès grandissant à travers le monde, voire l’intérêt naissant de la science pour les étudier, montrent qu’une certaine conception de la santé et de la maladie résonne dans la tête des gens même si elle est partiellement incomprise.
Dans le milieu hospitalier, il est souvent reconnu que les médecins meurent d’une maladie liée à leurs spécialités : problème cardiaques pour les cardiologues, dégénérescence cérébrale ou attaques cérébrales pour les neurologues, cancer pour les cancérologues, etc. Je ne crois pas que des études aient été menées là-dessus mais c’est en tout cas une des constatations qui a cours dans le monde médical. Etrange …
D’un autre côté, il n’est pas rare d’entendre que de grands maîtres spirituels souffrent de tels ou de tels maux. Pourtant reconnu pour leur profonde connaissance du monde et de la pertinence de leurs propos, cela n’empêche pas la maladie de se manifester physiquement.
Dans ce flou artistique, on est en droit de se demander si « la santé » existe vraiment. Peut-être en avons-nous une mauvaise interprétation ?
Tout se passe comme si notre vie était de constamment acquérir un nouvel état de santé qui serait un équilibre entre, comme le dit l’OMS, le physique, le psychique et le social. Au sein du psychique, nous pouvons y placer les différents types d’énergies répertoriées par les médecines orientales. Nous avons tous eu des expériences ou des épreuves dans nos vies qui nous font évoluer. Ceci constitue notre santé psychique et sociale. Il en est de même pour la santé physique.
Les sciences fondamentales nous informent que le monde est en constante évolution, rien n’est figé, tout évolue constamment. Notre corps et notre mental participent de ce même processus. Beaucoup de personnes disent que, « grâce » à la maladie, ils découvrent un certain sens à la vie, en tout cas « comprennent » que certaines de leurs priorités étaient mal placées (argent et travail étant placés le plus souvent avant la famille, les amis et les hobbies).
La santé apparaît donc comme un leurre. Elle est certes un but à atteindre et dont tout le monde rêve. Mais tout se passe comme si c’était le processus de guérison qui importait le plus. Mais au final, pour comprendre quoi ?
Pour finir, j’aimerais poser certaines questions qui trouveront peut-être une réponse dans les temps à venir.
- pourquoi certains fumeurs n’ont jamais de cancer des poumons ou de problèmes respiratoires et/ou cardiaques ?
- pourquoi des grands sportifs ou des personnes qui prennent soin d’eux, y compris des « maîtres » spirituels (encore faut-il définir ce terme) tombent subitement malades ?
- pourquoi, à traitement égal, certains guérissent et d’autres pas ?
- la maladie enclenche-t-elle une prise de conscience qui mène à la guérison ou bien la guérison aide-t-elle à la prise de conscience pour faire évoluer notre vie vers tel ou tel chemin ?
Commentaires